Les grands bonheurs viennent du ciel

Les grands bonheurs viennent du ciel

Les grands bonheurs viennent du ciel, les petits bonheurs viennent de l’effort (proverbe chinois).

C’est là un proverbe qui a une valeur pratique, loin des enseignements philosophiques du Taoïsme ou religieux de la Bible, par exemple. L’homme a la capacité et le devoir d’œuvrer afin d’améliorer sa vie, et cet effort lui procurera joies et bonheur au quotidien, bien que cela ne puisse modifier les grands traits de sa destinée. C’est un proverbe qu’il fait bon de lire en début d’une journée, pour se donner de l’élan tout en restant modeste…

On est tenté de rapprocher le proverbe chinois du français « Aide-toi et le ciel t’aidera » et de l’italien « Chi s’aiuta il Ciel l’aiuta » et de proverbes analogues dans la plupart des langues européennes ; toutefois ceux-ci, analysés de près, traduisent une pensée et une vision différente, un rapport de symbiose et non un éloignement total entre l’homme1 et le ciel. Mais ils sous-entendent un encouragement à se retrousser les manches qui n’est pas loin du proverbe chinois. Les Anglais, peuple de navigateurs, ont un proverbe plus concret et visuel, exprimé par l’image du naufragé dans sa chaloupe : « Pray to God, but keep rowing to the shore » [Adresse des prières à Dieu, mais ne cesse pas de ramer vers le rivage.]

Le Ciel, pour le Chinois comme pour l’Occidental, représente le domaine des lois immuables, qui échappent totalement au vouloir humain : « Le sage ne cherche pas à connaître le Ciel » lit-on dans le Xunzi au ch. 17, dont on peut rapprocher le proverbe espagnol « Lo ordenado en el Cielo por fuerza se ha de cumplir en el suelo ».

Le mot Ciel est aussi, en tout cas dans la sensibilité occidentale, un terme moins tranché pour désigner « Dieu » ou « la/les divinités ». Ainsi « Chi s’aiuta, Iddio l’aiuta » et « Chi s’aiuta il Ciel l’aiuta » (proverbes italiens) sont utilisés avec la même valeur. (mc)